La fille de l'usine d'allumettes
Les journées d'Iris sont marquées par la monotonie et la tristesse. Pendant la journée, elle travaille à la chaîne dans une usine d'allumettes et vérifie, entre les machines qui cliquettent, si les paquets sont en ordre. Le soir, elle prépare une maigre soupe pour sa mère et son beau-père, qui vivent de l'aide sociale et du salaire d'Iris. On parle peu dans cet univers. Seules les informations télévisées inondent Iris le dimanche soir. Un jour, après le travail, elle s'achète une robe, mais cette expression soudaine de ses besoins lui vaut d'être immédiatement punie à la maison. Iris se rend néanmoins dans une salle de danse, à la recherche d'un homme comme dans ses romans. Là aussi, elle reste isolée. Au cours d'une soirée enfumée par la bière, Iris est finalement raccompagnée chez elle par un homme, et un amour à sens unique commence. Insensible, celui-ci la quitte alors qu'elle est enceinte de lui. À la maison, Iris est expulsée sans ménagement. Afin de rétablir la justice, elle prend radicalement les choses en main.
Adrian Figueroa porte à la scène le scénario du grand poète du cinéma finlandais Aki Kaurismäki, un film presque sans paroles. Nous voyons un monde blasé, dans lequel toute étincelle de vie est immédiatement étouffée, mais qui, dans sa désolation, est aussi libérateur et drôle à regarder.