La cruche cassée (reprise)
Une cruche est cassée et l'affaire est portée devant les tribunaux. C'est au juge du village, Adam, qu'il revient de déterminer qui a causé les dégâts – alors qu'il sait pertinemment que c'est lui-même qui a brisé le récipient en argile. En effet, pendant la nuit, alors qu'il tentait de s'enfuir de la chambre d'Eve, le fiancé de celle-ci, Ruprecht, a enfoncé la porte au moment où Adam s'apprêtait à abuser d'Eve. Tous les protagonistes sont désormais réunis dans la salle d'audience et, pour éviter que la vérité ne soit révélée, Adam érige autour de lui un rempart de mensonges, de fausses déclarations et d'intimidations, qui commence toutefois peu à peu à s'effriter.
La pièce de Heinrich von Kleist, écrite en 1808, traite de la violence sexuelle et de la recherche de la vérité guidée par des intérêts particuliers, mettant en évidence les structures patriarcales qui non seulement compliquent l'élucidation de ces cas de violence, mais tentent aussi activement de l'empêcher. Pour le Badisches Staatstheater, la dramaturge primée Maria Milisavljević écrit une nouvelle fin qui montre la continuité de ces structures misogynes et dominées par les hommes jusqu'à nos jours et ose proposer un contre-projet utopique.